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La Bretagne, futur leader des énergies marines ? - أخبار وصور إلى ليبيا
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La Bretagne, futur leader des énergies marines ? - أخبار وصور إلى ليبيا
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La Bretagne, futur leader des énergies marines ?

3  حز 2011 08:26 | علوم وتكنولوجيا

Un ensemble d'hydroliennes sous-marines convertira bientôt la force des courants marins en électricité au large des Côtes d'Armor, une région qui pourrait devenir un banc d'essais de cette technologie à la fois novatrice et prometteuse. 
Que faire lorsque chaque hiver, à la moindre vague de froid, la Bretagne, véritable péninsule électrique, frôle le « black-out »? Que faire lorsque les chiffres sont sans appel : la région ne produit que 8,5 de l'électricité qu'elle consomme et l'INSEE annonce qu'elle devrait encore gagner 400.000 nouveaux habitants, donc nouveaux consommateurs, d'ici 2040 ?

Pour résoudre cette problématique, nous avons décidé de faire de ce que nous considérions comme notre principal handicap, notre géographie, une chance pour notre avenir. Notre région péninsulaire est bordée de 2700 km de côtes. Elle dispose à portée de main, dans son quotidien, de plateaux marins ventés, de la houle, des courants, des marées...

Le Pacte électrique breton que nous venons de mettre en place, qui repose sur trois piliers indissociables, a pris en compte tous ces atouts naturels, alliés aux innovations d'aujourd'hui, pour faire passer notre production de 8,5% à 34% de notre consommation, d'ici 2020.

Pour atteindre cet objectif, nous faisons le pari du développement des énergies renouvelables, premier pilier de notre Pacte. C'est l'enjeu majeur du XXIe siècle. Nous devons relever ce défi en valorisant notre potentiel éolien terrestre, notre énergie solaire et notre biomasse forestière ou agricole et, bien sûr, en misant sur le déploiement des énergies marines. La région assurera ainsi sa sécurité électrique et, peut-être aussi, son avenir économique. Les Bretons l'ont compris. Les projets se multiplient. Les savoir-faire industriels sont là.

Le premier parc d'éoliennes off-shore posées sera installé en 2015 dans la Baie de Saint-Brieuc (Côtes d'Armor). Il produira à lui seul 500 MW. Nous savons aussi que les technologies, avant de devenir matures et d'être industrialisées, doivent pouvoir être testées.

Ce sera le cas du démonstrateur d'hydrolienne d'EDF qui sera mis à l'eau cet été près de Paimpol-Bréhat (Côtes d'Armor) et qui valorisera l'énergie des courants marins. L'hiver prochain, c'est le démonstrateur de l'entreprise quimpéroise Sabella qui sera immergé au large d'Ouessant (Finistère). Cette hydrolienne, de la taille d'un immeuble de cinq étages, pourrait être une réponse à l'approvisionnement énergétique insulaire. A la fin de la décennie, d'autres éoliennes, flottantes cette fois-ci, produites par l'entreprise lorientaise Nass&Wind en partenariat avec DCNS, devraient produire aussi 500 MW au large de l'île de Groix (Morbihan). Elles auront été testées à partir de 2013.

Il était de notre responsabilité politique d'impulser le mouvement et de structurer la filière. C'est pour cela que nous mobilisons actuellement pour que la plate-forme scientifique et technologique nationale France énergies marines, installée à Brest, soit labellisée Institut d'excellence dans le domaine des énergies "décarbonées". Elle pourra alors rassembler toutes les forces de recherche et de développement.

A chaque étape, la région encourage les innovations en les accompagnant financièrement mais aussi en apportant l'ingénierie et les infrastructures nécessaires. Sur le polder du port de Brest, propriété du conseil régional, une zone de 12 hectares va être aménagée pour développer la filière des énergies marines. La région va y investir près de 35 M€. Car la Bretagne a bien l'intention de ne pas passer à côté de ce rendez-vous historique en devenant le lieu de référence du développement industriel des machines. Les marchés annoncés sont énormes, le nombre d'emplois qui pourraient être créés en Bretagne également. Ce serait une reconversion énergétique mais aussi économique réussie.

Notre Pacte électrique se décline également autour de deux autres piliers : la maîtrise de la demande et la sécurisation de l'approvisionnement électrique. Nous devrons développer une nouvelle approche, plus territorialisée, qui ajuste production et consommation, en évitant les pertes en ligne lors du transport de l'électricité.

Cela nécessite de résoudre la question du stockage de l'électricité et de développer des réseaux intelligents. Dans ce domaine aussi, la Bretagne a encouragé l'innovation avec le développement de boîtiers intelligents qui pourront, à terme, permettre aux ménages et aux entreprises de piloter leur consommation en temps réel, leurs dépenses et leurs émissions de CO².

Enfin, la maîtrise de la consommation est incontournable. L'ère de l'énergie facile et peu chère touche à sa fin. Nous avons l'objectif de diviser par 3 la progression de notre consommation d'ici 2020.

Produire plus d'énergies renouvelables, maîtriser notre consommation, inventer un équilibre territorial dans nos usages : voilà les axes d'un nouveau modèle énergétique. En Bretagne, nous avons pris conscience de nos faiblesses pour entamer la transition. Cela ne se fera pas du jour au lendemain, et pas non plus sans contradictions. Car pour assurer cette écologie de la transition, il faut parfois en passer par des contradictions assumées. Nous aurions pu nous résigner à accepter ce handicap géographique qui faisait de nous une péninsule électrique. Nous avons choisi de l'exploiter comme une force pour notre territoire. Cela nous a obligés à inventer la Bretagne de demain.



مصدر :  Le Monde

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